Asceptic Siliceum – Chaotic Paths (Abstrakt Reflections – 2019)

C’est un petit billet de blog assez spécial pour moi, puisqu’il s’agit de vous parler et surtout de vous annoncer la sortie de mon premier EP, sur le label argentin Abstrakt Reflections, « Chaotic Paths ».

Oui, je peux le dire, j’en suis assez fier, même si j’ai eu du mal à le porter. Du mal, parce que je l’ai composé dans une période où ça n’allait pas vraiment, les morceaux s’en ressentent d’ailleurs, beaucoup de noirs, de nuances de noirs même, du sombre, pas de délicatesse, de la violence sonore sur quelques morceaux, quelques mélodies d’un espoir qui sombre dans la démence.
Mais à côté de ça, j’ai cette satisfaction d’avoir terminé un projet, et de l’avoir mené jusqu’au bout, ce qui me fait enfin sortir du syndrome de la boucle, bien connu des musiciens, et qui durait depuis trop longtemps pour moi.

Bref c’est mon cheminement intérieur que j’ai voulu explorer.
Il m’a fallu 15 ans, 15 ans de morceaux ratés, jetés à la poubelle, perdu, recommencé. Des morceaux faits à tâtons, où je n’espérais même plus trouver une direction.
Et comme ne l’indique pas la pochette, j’ai fini par trouver la lumière au bout du tunnel, d’abord via le 1er morceau, « Centuries Fogs » que j’avais soumis pour le concours annuel du podcast « Les Sondiers » (et que vous pouvez retrouver à l’écoute à cette adresse : http://lessondiers.com/emission/jan-2018/81-les-prods-de-noël-2017-des-auditeurs).
Morceau qui a eu son petit succès auprès des animateurs de cette émission (le fameux frigo dans ta face à la Bruce Willis), et qui m’a donné envie de déterrer ces morceaux qui n’ont jamais abouti. De là, 3 autres morceaux sont venus s’ajouter.

Voyant que cela commençait à ressemblait à un univers sonore cohérent, j’ai décidé de le soumettre à des labels. J’ai tapé dans le 1er label qui m’est venu à l’esprit, Abstrakt Reflections, devenu aujourd’hui ma maison.
La réponse a été plus que positive, et après quelques discussions, le patron, c0ma, a voulu sortir mes morceaux, tout en me demandant d’ajouter un dernier morceau.

Sur ce dernier morceau, « Espérance Délaissée », outre le titre qui ne laisse que peu de places à l’interprètation, l’idée générale a été de conclure l’EP par un morceau avec une mélodie, simple si possible et un rythme simple, mais lourd, dur, malaisant.
Mais au fur et à mesure, sont venus s’ajouter des kicks furieux, des nappes sonores qui grondent au loin, une basse qui vombrit, et finalement plus rien. Le chaos. Bref, tel que je me suis imaginé ce « chemin chaotique », titre de mon EP qui n’a pas bougé d’un iota depuis mes 1ères pensées de sortie d’EP.
Bref, c’est la conclusion de 15 ans de recherches, de découvertes, d’écoutes, de productions non abouti, et dont le résultat se résume en 5 titres.

Je vous propose l’écoute de la preview, utilisé pour la promotion de cet EP :

Je me dois de signaler le travail remarquable de mastering opéré par François TJP, à la manette de finition du projet, et qui, si je ne m’abuse, termine cette 1ère expérience de mastering avec brio. Je l’en remercie du fond du coeur, des mecs en or comme ça prêt à vous aider sans la moindre contrepartie, ça ne se trouve pas à tous les coins de rue.
Et il a l’insigne honneur d’apparaître sur la pochette arrière.

chaotic-paths-rear

En parlant de pochette, saluons le magnifique travail de THEPOSTHUMAN qui n’est autre que mon patron de label.
Alors que mon 1er artwork ne ressemblait pas à grand chose (et pour cause je comptais m’auto-publier au départ), c0ma, boss du label Abstrakt Reflections, a su rendre exactement ce que j’avais en tête : un univers sombre, décadent, sale, sans avenir, à l’image de mes morceaux complètement fous pour certains.

chaotic-paths-front

Après tout ça, que faire ?
Me reposer de cet EP. Le digérer.
Et je repartirai sans doute dans l’écriture du prochain. Je ne me sens pas encore prêt pour le format album. Mais ce prochain EP devrait voir apparaître plus de lumière, moins de noir dans mes créations. Même si je souhaite encore le situer dans un monde post-apocalyptique, je me suis rendu compte que j’avais laissé ma noirceur envahir mes compositions. Cela sert très bien mon propos aujourd’hui, et c’est aussi tout l’idée derrière la digestion. C’est lourd, tant de sombres, de saletés. Très lourd. Je souhaite que cet EP devienne un témoignage de cette période de ma vie où toute vision était trouble, sans lumière au loin, avec, pour seuls compagnons, de sombres pensées.

Enfin, pour conclure, je remercie les personnes suivantes :

  • c0ma, boss du label Abstrakt Reflections, qui m’a accompagné pendant tout le processus de sortie de l’EP.
  • François TJP, sans qui le projet n’aurait pu se concrétiser, qui s’est occupé du mastering et m’a encouragé à aller jusqu’au bout.
  • Les Sondiers, le podcast qui m’a redonné envie de composer de la musique
  • Mélinda, ma femme, ainsi que mes enfants, qui ne comprennent pas toujours ce que je fiche devant mon ordinateur avec tous ces machins bizarres à l’écran 🙂
  • Adrien Landivier, ancien producteur à Radio France qui m’a transmis, via son émisison « Glitch sur Le Mouv' », cette passion pour les sons bizarres.
  • Et tous ces artistes, Aphex Twin, Autechre, Richard Devine, et bien d’autres encore, pour leurs influences multiples qui m’ont façonné pour toujours dans le moule de l’IDM.

Ainsi que tous les autres que j’aurai pu oublier.

Vous pouvez écouter cet EP sur Soundcloud, ainsi que sur la plateforme Bandcamp, où vous pouvez faire un don qui sera reversé au label.

Je précise d’ailleurs que ma musique est sous licence Creative Commons BY-CC-ND, dont les termes exacts sont disponibles à l’adresse suivante : https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/deed.fr

Redscape.

ASpaceMR, un projet qu’il est bien.

Dans la vie, les choses peuvent venir de manière totalement naturelle, sans quoi que ce soit ne soit ni imposé, ni planifié.

C’est ainsi que je me suis retrouvé à sonoriser un projet crée par Phil Goud, dont le but (non officiel) serait de faire pioncer les gens. Le sujet s’y prête volontiers : l’Espace. Raconter l’espace. L’idée n’est pas nouvelle, Phil Goud avouera lui-même s’être inspiré de Michel Boujenah qui proposa la même chose dans les années 90.

Lorsque je suis tombé sur ce qui n’était qu’un Work In Progress, la connexion avec les musiques électroniques am’a paru évidente.
Si vous me connaissez, ce sont mes chers territoires de l’ambient, de l’IDM et de l’electronica qui pourrait servir de decorum aux textes écrits et déclamés par Phil Goud.

Chaque épisode permet à l’auditeur de s’immerger dans un coin de l’Espace, entre réalités scientifiques, et mythes qui ont essayé d’expliquer, avant que la Science ne s’en occupe, nos origines.
Donc, plus que dormir, il faut voir ASpaceMR comme un véritable voyage vers les imaginaires, puisque même si nous touchons du doigt, humain pour La Lune, ou robotique pour Mars, nous ne sommes qu’une particule atomique dans le champ des possibles stellaires.
Grâce aux musiques que j’ai sélectionné, le récit est emporté et vous transporte sans que vous le remarquiez.

La série audio s’écoute depuis Podcloud (j’allais dire, évidemment), et nous aurons terminé la publication de l’Acte 1 en date du Vendredi 12 Juillet 2019, acte qui comprend 7 épisodes.

Crédits généraux

Une co-production

  • Phil_Goud : Texte et narration
  • Redscape : Mise en musique et mixage

Générique

  • “Euphotic” Carbon Based Lifeforms (Interloper) 2015 Blood Music

Voix du générique

Crédit artwork

Greg Rakozy
https://unsplash.com/photos/0LU4vO5iFpM

Le podcast est disponible sur :
– Podcloud
– Apple Podcasts
– Spotify
– Deezer
–  Google Podcasts
– Youtube

Plus d’excuses pour venir se reposer dans les étoiles… :).

Quand je me mets à composer des morceaux.

Ecrire du rap quand ça n’est pas dans vos habitudes, ça n’est vraiment pas facile.
Composer et mixer un morceau non plus, ça n’est pas de la tarte.
Néanmoins, comment résister à l’appel des Sondiers, ce podcast dédié à l’audionumérique, de faire une production sonore pour Noël ?

C’est la 3ème fois que je participe à ce « concours », et autant vous dire que mes 2 premiers sons étaient complètement différents de celui présenté cet année. Jugeons ensemble de mon parcours.

Première année : ça ne devait être qu’une blague.

J’ai présenté un morceau du style « EDM » (« Electronic Dance Music, le genre le plus en vogue aujourd’hui, et que j’exècre pourtant).

Pour tout vous dire, je suis atteint comme nombre de compositeurs en herbe, je tourne très rapidement en rond sur une boucle musicale, sans pouvoir en sortir.

Tout est à base de samples provenant d’une chanson de François TJP (« Puissant Comme Un Tigre », issue de sa fiction sonore « Les Aventuriers »).
Pour les besoins de sa fiction sorti l’an dernier, « Les Aventuriers », il a commis ceci:

(j’adore la pochette :))

J’ai rapidement découvert le potentiel caché d’un tel morceau, mais mes piètres talents de producteur m’a vite retiré l’idée de toucher à ce titre.

Et pourtant… Ça me brûlait littéralement les doigts. Après avoir lancé l’idée sur Twitter:


J’ai commencé à m’attaquer à ce remix.
Je voulais quelque chose de volontairement plus mainstream que ce que j’aurai eu l’habitude de produire.

3 versions plus tard et des mois plus tard, j’ai ENFIN réussi à sortir quelque chose de mon DAW (Digital Audio Workstation, ou station de travail audionumérique, comme Ableton Live, Cubase, Reaper…), et dans les temps convenu par le concours des Sondiers.

Le découpage des samples a été plutôt simple (merci Ableton et sa fonction « Warp »), François TJP ayant simplifié les choses en chantant en rythme avec le beat. Le plus compliqué finalement, a été la réinvention complète d’une structure, en s’aidant des samples.

L’ajout final, qui donne une touche plutôt tropical au morceau, vient d’un sample, qui, nettoyé, accéléré et modifié grâce à 2 effets, permet de donner du dynamisme à l’ensemble.

*François TJP – Puissant Comme Un Tigre (BinairBrain Remix)*

A noter, une version énervée de Grushkov (Big City), à 10.000 lieues de ma version, très sympa à écouter dans un post écrit par François TJP, ici.

On est d’accord, c’est gentil, légèrement idiot ou carrément barré, c’est selon, mais surtout, il ne s’agit que d’un gros trip, je ne me suis pas pris au sérieux.
Et en plus, ça reste dans la tête.

Seconde année : je ne suis plus là pour rigoler.

Suivant les tournants qu’ont pris ma vie par la suite, j’ai commencé à sérieusement bidouiller du son, à le mettre en forme, pour sortir ce que j’avais dans la tête.
C’est là qu’est né, de mon esprit « malade », un « Centuries Fogs », complètement IDM pour le coup, terriblement plus froid, sombre et maladif :

*CynistrBrain – Centuries Fogs*

Le pari est réussi, et j’en reparlerai dans un prochain article, puisque ce morceau fait partie d’un projet qui verra très bientôt le jour.

Troisième année : j’explore de nouveaux styles

Et donc cette année ? Il fallait forcément se réinventer, s’essayer à autre chose. Un sample de piano en boucle, un beat fort, et un texte écrit sur le coup de la colère. Voilà comment est né « Mélancolie », un rap contestataire, volontairement « enfonceur de portes ouvertes » mais qui correspondait à ce que je souhaitais exprimer à cette période : une rage, des actions, et une profonde mélancolie de ce qui nous entoure. Je vous en propose l’écoute :

*Morféüs – Mélancolie*

Je ne sais pas si j’ai réellement l’envie de continuer le rap. J’ai d’autres sons en composition, avec lesquels j’ai bien quelques idées de textes, mais rien de concret.

La production de morceaux me sied davantage que d’écrire un texte.
Autant, le premier morceau n’était qu’un amusement (et je remercie François de m’avoir fourni les éléments sonores), mon évolution a été assez nette.
Même si la musique doit être source d’amusement et d’humour, ce que j’ai dans la tête ne correspond pas toujours à cet état d’esprit. Les 2 dernières compositions le prouvent, ma musique n’est plus là pour rigoler, bien au contraire, elle doit raconter des histoires, se nourrir de l’existant, du présent et des gens qui m’entourent. Je ne renie bien évidemment pas mon premier morceau (surtout qu’il a été faite sous une contrainte de temps), mais ce temps est bel et bien révolu.

Place à la réflexion, l’introspection et la réflexion d’une époque qui va finir par nous échapper si nous ne faisons rien.

Redscape